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HARALD FERNAGU / The Faust Connection
Expositions > Arts plastiques
du 14 juin au 2 août 2008

 

Le Volume de l’image

C’est de plus en plus naturellement que l’image est devenue aujourd’hui le support essentiel de toutes communications. Les médias s’appuient sur elle pour définir la réalité, à tel point que là où il n’y a pas d’images, il n’y a pas d’informations. L’aspect condensé et immédiat de l’image est absorbé comme une synthèse, sans perte, de ce qu’il faut savoir. Elle transmet notre histoire collective, organise pour nous une sorte de « new way of live ». Le rêve ne se situe plus sur un continent lointain mais dans la géographie de l’image.
L’image est au cœur de nos cultures. Maîtriser les codes de l’image, c’est mieux comprendre nos sociétés. Inventer de nouvelles mécaniques de l’image c’est écrire les modes d’expressions sociales et culturelles de demain. Cette recherche, cette analyse doit permettre d’appréhender le fond de la forme, cette forme riche et bruyante de l’imagerie contemporaine. L’image est une illusion du tout, un savoir morcelé, une réalité schizophrène qui se voudrait à la fois empreinte du temps et fille aînée de la technologie.
Cette brutale coupure au temps qu’a influé la technologie à l’image, les nouvelles pratiques de modélisation informatique, modifie notre perception de la réalité : l’image n’est plus le témoignage de la réalité, mais une réalité à part entière. L’image n’a plus vocation à illustrer symboliquement notre culture comme « l’angélus de nos campagnes », elle fabrique une culture à part entière. Là où la culture se définissait par une activité sociale mise en commun, l’image invente une réalité dématérialisée, où le rêve, le fantasme supplante le vécu. Notre société se dématérialise. Il n’y a plus d’objets culte, mais un culte de l’image de l’objet. Mon travail de fabrication d’images et d’objets est au cœur de cette réflexion.

Dans son discours inaugural de l’exposition universelle de Londres en 1851, le Prince Albert annonçait les profonds changements de la société occidentale liés aux progrès des nouvelles technologies. Pourtant ces progrès annoncés sur la capacité de production, de fabrication en série de biens de consommation courante n’ont été réels qu’au milieu du vingtième siècle. Aujourd’hui la situation est tout autre. L’afflux de nouvelles technologies est si dense et quotidien qu’il précède tout effet d’annonce. La puissante industrie du disque s’est vue dépassée par les multiples possibilités de téléchargement de musique sur Internet.
Saisir la réalité au présent, c’est avant tout percevoir l’avenir. Ce constat de l’évolution des technologies et de cette "brouille" de l’image me poussent à penser que les enjeux de l’art ne sont pas liés directement au progrès, mais à l’identité humaine et philosophique que nos sociétés sont en mesure de développer à travers lui. Définir un projet politique fort, interroger nos utopies en dévoilant nos illusions, c’est pouvoir répondre en temps réel au progrès.

Depuis une quinzaine d’année, je suis membre actif de la communauté Emmaüs de Dijon. Je me suis toujours amusé de constater l’écart qu’il y a entre la personnalité des compagnons que je connais, et la perception qu’en ont les clients qui viennent à la communauté. La nécessité qu’ont ces personnes à enfermer les compagnons dans une image singulière, celle de la précarité, nous enseigne beaucoup sur nos modes de communication. Oublié l’individu : l’humour de l’un, la fantaisie de l’autre, le caractériel, le patient ou le rêveur, tous sont précaires. De cette réalité ainsi simplifiée, tous se rassurent sur leur non-appartenance à ce groupe humain : cette exclusion n’est pas la leur. Conscient de cet égarement social qui s’opère face à l’étranger, de cette nécessité à ranger l’autre dans une case où le collectif a valeur d’individualité, j’ai voulu interroger ce mécanisme d’identification dans mon travail artistique. Considérons, comme je l’ai développé précédemment, que l’image n’a plus vocation de témoignage autonome, alors nous pouvons dire de la même manière, que toute pensée ou concept construit sur le modèle de l’image (ex : le stéréotype) ne peut être représentatif que de lui-même. Quand un visage est marqué par les rides de la souffrance, le portrait se fige sur ces blessures et le visage se fait masque.
Dans mon travail de portrait photographique, j’ai invité certains amis, compagnons d’Emmaüs, à jouer avec ce "masque" dans des mises en scène ludiques. En intégrant ces visages et ces corps dans ces fictions burlesques, je contredis l’image de la souffrance. Dans l’addition rire plus souffrance, on ne peut être sûr de ce qui dominera le résultat. Jouer ainsi de son image, c’est résister à l’enfermement par l’image, jouer à sa souffrance c’est résister à ce même cloisonnement. Ce jeu est un portrait de représentation, désincarné, où l’image ne vaut que pour elle-même : sa réalité plastique. Mais ce jeu est aussi un portrait psychologique, incarné, où l’individu prête la biographie de son visage à une mise en scène organisée autour de lui. Cette incarnation ne se construit pas dans les codes visuels, mais dans la générosité, le plaisir, la complicité avec laquelle l’individu se prête au jeu.
L’image dématérialise la réalité. En s’identifiant à cette alchimie, l’homme oublie la réalité de son corps. Le temps du progrès n’est pas celui du corps. Quand hier, celui qui déclarait que la terre était ronde avait besoin d’une vie pour la parcourir et convaincre, aujourd’hui tous sont incrédules lorsqu’on leur annonce une maladie sans vaccin. L’homme tente naïvement d’oublier sa mortalité. Que sont les utopies lorsque tous portent comme déjà acquis les progrès de demain. Une utopie ne peut se construire que dans la conscience de sa perte.

Pour cette raison et non par un quelconque amour de la vieille chose, j’ai développé dans mon travail l’utilisation d’objets récupérés ou chinés. Ce bricolage, langage universel, réintègre l’objet brisé ou jeté dans un cycle. La fabrication se fait dans l’ingéniosité de la débrouille. Ce bricolage n’a pas de nostalgie, mais une filiation, comme dans mes photographies, aux plaisirs des jeux d’enfants.

Un monde où lorsque l’on n’a pas « la chose » on la crée et lorsque l’on n’est pas cette chose, on la joue. Dans ce bricolage, la maîtrise de la mort ou de la vie de l’objet transite par le corps, l’expérimentation, la manipulation, le faire. Dans une société d’objets usinés dont l’épure ne tolère ni perte, ni maladresse, où tout est rentabilisé visuellement, économiquement, le bricolage s’apparente à un anachronisme. Pourtant son esthétique bruyante, lointaine de toute perfection révèle plus que l’objet. Là où l’objet industriel efface le corps qui construit pour favoriser le corps social, culturel et économique, le bricolage révèle le corps temporel, une imperfection : notre mortalité. Quand un objet bricolé rejoint comme accessoire mes mises en scènes photographiques il perd la matérialité et la spatialité qu’il partageait avec le spectateur. Pourtant cette réalité matérielle subsiste dans l’expression des techniques et des matériaux utilisés. Le bricolage est une complicité partagée, une expérience sociale reconnue par chacun. Même absorbé dans une image, le bricolage ne perd jamais sa réalité mécanique, sa temporalité, son identité. Ce bricolage devient le vecteur d’analyse de l’image et des réalités dont elle se construit.

Dans mon travail, on joue deux fois : « jouer à... » et « se jouer de... ». Jouer à la guerre, fabriquer de fausses armes à feu, des jouets bricolés, intègre plus durement que l’image d’une vraie arme, la violence et la mort. Quand l’objet est factice, il devient plus qu’un objet utilitaire, un état d’esprit. Ce jeu de la violence devient une violence et pose à nouveau le problème de la réalité.

Harald Fernagu

 

Adresse :

galerieofmarseille
8 rue du Chevalier Roze
F-13002 Marseille
Tel : 04 91 90 07 98
Fax : 04 91 91 08 24

 

Site Internet :

http://www.galerieofmarseille.com

 
 
 
 
 
 
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