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Cléa Coudsi & Eric Herbin
Expositions > Arts plastiques
du 12 janvier au 27 février 2010

Coudsi et Herbin, Où maintenant, installation sonore, 2009
 

Toute exposition relève implicitement – même si un artiste s’applique à s’y opposer – de l’institution muséale, donc d’une perspective de conservation à plus ou moins long terme. Montrer précède généralement garder, exposer invite à conserver.

S’il ne fait pas de doute que les propositions de Cléa Coudsi et d’Eric Herbin s’exposent, quelle est la nature de ce qu’ils induisent à conserver ? Des frottements, des grattages, des crissements de matériaux ou encore des agitations, désordonnées et géométriques à la fois, qui échouent à engendrer des mots, des phrases, du texte…
Deux grandes directions dans le travail de ce tandem d’artistes. Soit ils procèdent à la cueillette de ce qui ne se conserve pas (les messages épistolaires concis des cartes postales, les SMS téléphoniques abrégés…) pour tenter de mémoriser les énoncés phatiques fugitifs, la communication futile ordinaire. Soit ils interrogent ce qui fait message dans les restes de certaines activités humaines(les fossiles charbonneux par exemple) ou dans les signes arbitraires qui conditionnent l’écriture.
C’est cette seconde direction que la présente exposition privilégie : deux installations sont judicieusement réunies, Black sound et Turn letters spirit.
Etrangement, un fil métaphorique ténu les lient : le plateau sur lequel dansent les caractères de l’alphabet, n’est pas sans évoquer les tapis mécaniques où se déversent les roches extraites du sous-sol pour être triées, autrement dit classées entre le « bon » et le « mauvais », comme on dit le bon et le mauvais usage grammatical…Tapis à faire le sens. Ecrire n’est-il pas un acte de sélection
et de classement des signes ?

Mais les deux propositions sont « célibataires ». Elles ne sont pas dépendantes de leur proximité pour offrir une poésie inédite. Turn letters spirit est une proposition théorique tout autant qu’humoristique. Et ce n’est pas une des moindres vérifications jubilatoires que de constater la nature burlesque qui émane des dérangements cahotiques de ces petits objets dont l’arbitraire est la nature : les lettres de l’alphabet. Rien de plus intrigant et d’hypnotique en effet, que de regarder ce remue-ménage des signes dont la stricte géométrie circulaire des mouvements aimantés ne parvient pas à organiser le lisible.
Pourtant tout est réuni pour faire du sens : des signes, les lettres métalliques (le réservoir de la langue) et une loi contraignante, la machinerie invisible des aimants (l’emprunt sélectif du langage).
Pas de lisible pourtant, seulement du visible…On ne saurait mieux miner plastiquement l’échafaudage linguistique et en dire simultanément la complexité faite de hasard et de programmation.
Black sound n’autorise pas un comparable clin d’oeil théorique, mais c’est à l’échelle entière de l’installation que s’installe une métaphore émouvante : la mémoire d’une extraction.
Le stylet qui épouse les reliefs du morceau minéral qui tourne sur lui même - tel le saphir des anciens
é lectrophones, mais ne caressant pas ici la platitude vinylique – restitue en fait une double mémoire. Celle donc de l’extraction, une anamnèse sonore des percussions et des vrilles dont découle le caillou charbonneux. Ce stylet n’évoque-t-il pas le marteau-piqueur du mineur ?
Mémoire également des plis minéraux qui traduisent la stratification d’une formation, d’une concrétion.
Les feuilletages et les brisures offrent une partition qui signale une perte mémorielle : si la part formelle des choses, naturelles et artificielles, même lacunaire, s’est transmise au travers des siècles et des millénaires, en revanche leur part sonore s’en est détachée.
Et c’est l’inversion poétique que Black sound produit : si le son de la matière est ici retrouvée, c’est la forme qui en est affectée. Car ce stylet pique le son mais use la matière et ses contours,engendre de la poussière. Et l’on doit alors prendre à la lettre la formule consacrée : la poussière de l’oubli.
Black sound est une installation qui expose une usure « en direct », cette usure des choses qui est la condition nécessaire pour que leur bruit soit restitué. Restitution de la propriété sonore de la matière dont le prix est la disparition de cette dernière, figurée paradoxalement par l’exposition conservation de résidus de l’activité humaine.

Dominique Paini - 2009

 

Adresse :

Galerie Schirman & de Beaucé
7 bis - 9 rue du perche
75 003 Paris
Téléphone +33 1 40 47 67 29
Courriel contact@schirman-debeauce.com

 

Site Internet :

http://www.schirman-debeauce.com/

 
 
 
 
 
 
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