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Stéphanie Nava - considering a plot (dig for victory)
Expositions > Arts plastiques
du 23 janvier au 11 avril 2009

 

"Au départ, il y a le projet conçu pour ma résidence à Londres. Mon idée initiale était d'investir un jardin ouvrier et que, d'une façon ou d'une autre, le travail au jardin trouve un parallèle dans l'atelier. Arrivée sur place, je me suis inscrite sur liste d'attente pour obtenir un lopin, et j'ai attendu... Ne voyant rien venir, j'ai mis mon temps à profit pour faire des visites de jardins et des recherches documentaires. J'ai commencé un plan (qui est devenu une maquette) de ma future parcelle, décidant de son organisation et des espèces qui allaient la peupler à l'aide de manuels et de documents d'archives. La maquette est devenue de plus en plus foisonnante, un immense champ de notes qui s'est affirmé comme l'amorce d'un travail à part entière. J'ai alors décidé de réaliser cet objet en papier, à taille réelle, et j'ai oublié la terre... Cette grande installation m'a permis d'articuler des questions de représentation propres au dessin : le rapport du plan à la perspective, la question de l'unique et de la série, le trait comme découpage physique de l'espace, le rapport au genre (schéma, dessin d'archive, technique, botanique...).

Cette pièce est un fac-simile. Elle est reproduction - avec toutes les implications, écarts et déplacements que cela sous-tend - mais aussi objet réel, soit un environnement praticable. Je voulais conserver ce rapport au « vrai » jardin : un lieu propice aux déambulations, tours et détours. Il est important pour moi que le spectateur trouve dans son exploration un certain plaisir qui est le mien lorsque je visite des jardins. La découverte en est graduelle, comme celle d'un livre dans lequel on avance page après page. Son étendue et sa configuration en interdisent de toutes façons une vue d'ensemble et obligent à un mode de lecture que je qualifierais de « feuilleté ».

La nature de Considering a Plot a été directement influencée par la rationalité mathématique et productiviste des manuels du programme Dig For Victory qui m'ont servi de trame pour le plan. Élaboré comme une machine à produire des végétaux à des fins utilitaires, ce jardin a pour moi une identité très industrielle. Loin de l'idée d'Eden communément convoquée au sujet des jardins, je voulais parler de parcelles cultivées dans un contexte dur, « gris ». S'ils n'en sont pas moins beaux, ces espaces sont irrigués par les violences qui les encerclent, qu'elles soient politiques, économiques ou guerrières. L'innocence supposée du jardin ne m'intéresse pas. Pour moi, ce lieu ne peut échapper au fonctionnement d'un monde où des bulbes de tulipes peuvent devenir, comme au XVIIe siècle en Hollande, les détonateurs d'une crise financière à l'échelle d'une nation.
J'ai initié ce projet à Londres et, dans l'histoire britannique, les collusions entre l'économique, l'industriel et le jardin sont nombreuses. Par exemple, dans cet immense empire colonial, une innovation horticole comme la serre favorisera l'émergence d'une position dominante sur le marché des plantes tropicales et, par extension, sur l'économie mondiale.
L'Angleterre de la Révolution Industrielle fournit aussi la toile de fond de l'expansion d'un besoin de verdure citadine, jusqu'au début du XXe siècle où le jardin s'imposera comme nécessité sanitaire, avant de devenir nécessité alimentaire et économique face aux pénuries déclenchées par la guerre.

Tout au long de l'élaboration de ce travail, je me suis nourrie des télescopages lexicaux que l'on trouve dans le langage horticole. Le vocabulaire politico-belliqueux, entre autres, y est constant : les plantes migrent, envahissent, se naturalisent... au point que certains systèmes mis en place pour gérer les flux migratoires des hommes leur sont appliqués. Ainsi, le Weeds Act promulgué en 1959 par le gouvernement britannique liste les "non native invasive species" (les espèces envahissantes étrangères) qui sont interdites à l'importation et pourchassées en raison de leur propension à coloniser le territoire... Le jardin est un espace écrit car dessiné mais aussi en ce qu'il est modelé par des décrets, des lois et qu'il expose des fonctionnements d'ordre narratif.

Le double sens de "plot" en anglais - parcelle ou complot - a orienté mon travail sur ce projet dès l'origine. Cette installation est un jardin, mais aussi un champ de bataille où se trament de multiples conflits, plans d'attaque et résistances. Des mauvaises herbes s'infiltrent en passant sous la clôture, des insectes ennemis se camouflent dans leur redoute... La bataille pour le territoire se déplie sur plusieurs plans : biologique (la nature contre elle même), horticole (le jardinier contre la nature), politique, chimique...
Cette guerre secrète suggérée par le titre suppose, par ricochet, l'existence de formes de résistances furtives. Ainsi, l'allotment, entité bricolée et façonnée de manière autonome par le jardinier amateur, peut être considéré comme le lieu d'une alternative écologique au rouleau compresseur de l'industrie agro-alimentaire. Il s'y développe de façon parallèle des solutions d'autosuffisance.

L'aspect laborieux de la réalisation des planches m'a fait un temps envisager la possibilité de recourir à des techniques de reproduction mécanique (sérigraphie, photocopie...). J'ai cependant décidé de persévérer avec crayon et papier tant la dimension temporelle de la fabrication s'est imposée comme fondamentale : parce qu'elle fait écho au temps de culture des plantes mais aussi parce qu'elle introduit un rapport au labeur qui pointe la nature « ouvrière » de ce jardin. À l'opposé d'un jardin édénique qui s'offrirait - création préexistant tout ouvrage - à l'homme, il affirme sa qualité d'espace construit, d'œuvre dont l'émergence demande un temps dédié à son élaboration.

Je considère le dessin comme proche de l'activité du cartographe. En privilégiant les traits tendus et les formes closes, je détermine territoires et frontières. Ici, ce rapport à la géographie est de surcroît induit par le fait que j'ai travaillé à partir d'une vue d'oiseau. Il s'agissait de faire émerger un objet depuis un plan masse du terrain et à partir de feuilles de papier. Pour ce faire, j'ai eu recours à divers procédés dont le système de câbles pour suspendre les dessins. Cela donne un aspect « lignes de production », mais évoque aussi du linge suspendu, des draps que l'on aurait grimés comme on le fait pour mimer les spectres lors de carnaval. Comme pour dessiner un jardin peuplé de plantes fantômes..."

Notes sur l'élaboration d'un jardin
Stéphanie Nava, avril 2008

 

Adresse :

Centre d'art Passerelle, Brest
41, rue Charles Berthelot
29200 Brest
Téléphone 02 98 43 34 95
Télécopie 02 98 43 29 67
Courriel contact@cac-passerelle.com

 

Site Internet :

http://www.cac-passerelle.com

 
 
 
 
 
 
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